Les réflexions décalées d’une Mama Coach — By Malika, la Spider Mama 🕷️

« Les jeunes d’aujourd’hui sont toujours sur leur téléphone. »

Cette phrase, je l’ai tellement entendue que je pourrais presque l’imprimer sur un mug.

😄

Dès qu’un jeune passe du temps sur TikTok, Snapchat, Instagram ou Facebook, on

imagine rapidement qu’il ne fait rien de sérieux. Il regarde des vidéos, il danse, il

scrolle, il commente… donc forcément, il perd son temps.

Mais à force de regarder ce que les jeunes font sur les réseaux, je me suis demandé si

nous ne regardions pas seulement la partie visible du phénomène.

Parce que derrière un écran, il peut se passer beaucoup plus de choses qu’un simple

défilement de vidéos.

Le téléphone n’est pas toujours l’ennemi que nous croyons

Pour beaucoup de jeunes, le téléphone est devenu bien plus qu’un outil de

communication.

C’est leur télévision, leur bibliothèque, leur moteur de recherche, leur espace de

discussion, parfois leur bureau et même leur petit commerce.

Ils cherchent une information, regardent un tutoriel, apprennent une compétence,

suivent une formation, découvrent un métier, vendent des vêtements, proposent un

service, font connaître leur activité ou cherchent des clients.

Certains découvrent même des possibilités professionnelles qu’ils n’auraient jamais

imaginées autour d’eux.

Alors oui, ils passent beaucoup de temps sur leur téléphone.

Mais est-ce le temps passé devant l’écran qui pose problème ou ce que nous en faisons

?

Parce qu’entre deux vidéos de danse, il peut y avoir une recherche d’emploi. Entre

deux stories, une conversation importante. Entre deux blagues, une formation.

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Et parfois, évidemment, il n’y a absolument rien de tout cela. Il y a juste quelqu’un qui

scrolle depuis quarante-cinq minutes sans savoir lui-même pourquoi.

Je connais. Nous connaissons tous. 😄

Les réseaux sociaux répondent aussi à un besoin d’expression

Il y a une autre dimension que nous sous-estimons : les réseaux sociaux permettent aux

jeunes de prendre une place.

Certains jeunes qui parlent très peu en face-à-face sont beaucoup plus à l’aise derrière

un écran. Ils trouvent un espace où ils peuvent exprimer une opinion, montrer leur

créativité, raconter une expérience ou simplement exister autrement que dans le regard

de leur entourage.

Pour un jeune qui se sent peu écouté dans sa famille, à l’école ou dans son

environnement social, cette possibilité peut être importante.

Cela ne veut pas dire que tout ce qui se passe sur les réseaux est sain ou constructif.

Loin de là.

Mais si nous voulons comprendre pourquoi ils y passent autant de temps, il faut aussi

regarder ce qu’ils y trouvent.

De l’information. Du divertissement. De la reconnaissance. Des communautés. Des

opportunités. Parfois même une forme d’évasion.

Et parfois, ils y construisent la vie qu’ils aimeraient avoir, ou au moins l’image qu’ils

aimeraient donner d’eux-mêmes.

Le problème commence quand l’écran devient la seule référence

C’est là que les choses deviennent plus délicates.

Les réseaux sociaux donnent l’impression que tout est accessible, immédiat et

permanent.

On voit les réussites, les voyages, les voitures, les entreprises qui fonctionnent, les

corps parfaits, les couples heureux, les jeunes entrepreneurs qui semblent avoir tout

compris à vingt-deux ans.

Mais on ne voit presque jamais les années de travail, les dettes, les échecs, les doutes,

les soutiens familiaux ou les difficultés qui se cachent derrière une belle publication.

À force de regarder les vitrines des autres, certains jeunes peuvent finir par comparer

leur vie réelle à la version montée, filtrée et sélectionnée de celle des autres.

Et cette comparaison peut faire mal.

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Elle peut créer de la frustration, donner l’impression d’être en retard ou faire croire

que la réussite doit être rapide, visible et spectaculaire.

C’est ici que notre rôle d’adultes devient important : apprendre à nos jeunes à

utiliser les réseaux sans laisser les réseaux penser à leur place.

Mais pourquoi toujours parler des jeunes ?

Et puis, soyons un peu honnêtes.

Nous parlons beaucoup du temps que les jeunes passent sur leur téléphone.

Mais regardons-nous aussi ?

Le parent qui répond à WhatsApp pendant le repas. Le collègue qui vérifie LinkedIn

toutes les dix minutes. L’adulte qui regarde une vidéo pendant qu’il demande à son

enfant de « laisser son téléphone ».

Là, franchement… il faut qu’on se parle. 😄

Nous avons nous aussi adopté des comportements numériques que nous ne maîtrisons

pas toujours.

Alors peut-être que la meilleure manière d’accompagner les jeunes n’est pas de leur

dire simplement : « Pose ton téléphone. »

C’est de leur apprendre à se poser eux-mêmes des questions : qu’est-ce que je cherche

ici ? Qu’est-ce que cette information provoque chez moi ? Est-ce que je vérifie ce que

je regarde ? Est-ce que je suis en train d’apprendre, de me divertir ou simplement de

fuir quelque chose ?

Parce que la responsabilité numérique commence moins par l’interdiction que par la

capacité à faire des choix.

Apprendre à naviguer plutôt qu’interdire la mer

Nous ne pouvons pas demander aux jeunes de vivre à distance du numérique alors que

leur avenir professionnel, social et citoyen sera de plus en plus connecté.

Il faut donc leur apprendre à naviguer.

À vérifier une information avant de la partager. À protéger leur intimité. À comprendre

que tout ce qui est visible n’est pas forcément vrai. À savoir que leur empreinte

numérique peut les suivre. À utiliser les réseaux pour apprendre, créer, entreprendre et

se connecter, sans en devenir prisonniers.

Et surtout, il faut leur apprendre à conserver quelque chose que l’algorithme ne devrait

jamais décider à leur place : leur capacité à penser par eux-mêmes.

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Parce que le véritable enjeu n’est peut-être pas de savoir si nos jeunes passent trop de

temps sur les réseaux.

La vraie question est plutôt : qui décide de ce qu’ils regardent, de ce qu’ils croient,

de ce qu’ils désirent et de ce qu’ils deviennent ?

Si nous voulons une jeunesse capable de faire des choix, il faut lui donner les outils

pour comprendre son environnement numérique, mais aussi suffisamment de

confiance pour ne pas suivre systématiquement la foule.

Le téléphone n’est qu’un outil.

Comme tous les outils, il peut servir à construire ou à perdre son temps.

Tout dépend de la manière dont on apprend à s’en servir.

Et peut-être que notre travail d’adulte n’est finalement pas de retirer le fil numérique

des mains de nos jeunes, mais de leur apprendre à l’utiliser pour tisser leur propre

chemin.


Le fil à retenir : cette réflexion invite à regarder autrement les réalités vécues par les jeunes et à renforcer leur capacité à comprendre, choisir et agir.

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