Et si le vrai sujet n’était pas seulement la triche, mais ce que l’IA révèle de notre manière de faire apprendre et de notre obsession de la réussite ?

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Il y a une scène qui risque de devenir de plus en plus ordinaire dans nos écoles et nos universités.

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Un étudiant ivoirien reçoit un devoir à rendre. Il ouvre son téléphone, copie la consigne dans une intelligence artificielle et, quelques secondes plus tard, obtient une réponse structurée, argumentée et parfois même mieux formulée que ce qu’il aurait produit seul.

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Il relit rapidement, change quelques mots, ajoute une introduction et envoie son travail.

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Travail terminé.

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Est-ce de la triche ?

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Oui, lorsqu’il présente comme sien un travail qu’il n’a pas réellement réalisé.

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Mais si nous nous arrêtons à « c’est mal », je crois que nous passons à côté d’une question beaucoup plus intéressante : pourquoi cette pratique devient-elle si tentante ?

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Parce qu’en Côte d’Ivoire, le rapport aux études est rarement anodin. Derrière un devoir, il y a souvent une note, derrière la note un passage en année supérieure, derrière le diplôme une promesse d’emploi et, derrière cet emploi, l’espoir de pouvoir enfin commencer à construire sa vie.

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Quand la réussite scolaire est vécue comme une condition pour ne pas décevoir sa famille et pour trouver sa place dans une économie où le premier emploi peut être difficile à décrocher, il faut aussi comprendre ce qui pousse certains jeunes à chercher tous les raccourcis possibles.

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Cela ne justifie pas la triche.

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Mais cela mérite qu’on regarde le problème autrement.

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L’IA n’a pas inventé la triche ivoirienne

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Soyons honnêtes.

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Avant ChatGPT, les étudiants trouvaient déjà des moyens de contourner certaines difficultés.

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On se passait les anciens devoirs, on demandait la copie d’un camarade, on échangeait des réponses dans les groupes WhatsApp, on faisait parfois réaliser un travail par quelqu’un d’autre.

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Dans certaines classes, le fameux « envoie-moi ton devoir, je vais regarder » n’a jamais vraiment eu besoin d’intelligence artificielle.

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L’IA n’a donc pas créé la triche.

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Elle a simplement rendu le raccourci beaucoup plus puissant.

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Et surtout, elle l’a rendu accessible presque immédiatement à celui qui possède un smartphone et une connexion.

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Pour un étudiant qui jongle entre les cours, les transports, les obligations familiales, parfois un petit travail pour financer ses études et plusieurs travaux à remettre dans la même semaine, la tentation peut être forte.

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Il se dit rarement : « Je vais compromettre mon avenir académique. »

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Il se dit plutôt : « Il faut que je rende ce devoir demain. »

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C’est là que le sujet devient moins confortable.

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Parce qu’en Côte d’Ivoire, on ne triche pas seulement pour avoir une bonne note

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Il faut aussi regarder la pression qui accompagne la réussite scolaire.

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Pour beaucoup de familles, les études représentent un investissement important. Les frais de scolarité, le transport, les fournitures, parfois le logement ou la nourriture constituent un effort financier réel.

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Quand une famille se prive pour permettre à son enfant de poursuivre ses études, l’échec peut devenir difficile à vivre.

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Le jeune ne porte alors pas seulement son propre avenir. Il peut avoir le sentiment de porter celui de toute sa famille.

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Et dans certaines familles, le diplôme reste encore l’une des preuves les plus visibles que tous ces sacrifices n’ont pas été faits en vain.

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« Tu dois réussir. »

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« Il faut avoir ton diplôme. »

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« Nous avons fait tout cela pour que tu ailles à l’école. »

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Ces phrases partent souvent d’un amour sincère.

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Mais elles peuvent aussi créer une pression dans laquelle obtenir le résultat finit par prendre le dessus sur apprendre réellement.

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Et c’est là que l’IA trouve un terrain favorable.

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Le problème commence lorsque le résultat devient plus important que l’apprentissage

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Imaginez un étudiant en licence dans une université d’Abidjan avec plusieurs devoirs à rendre.

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Il sait qu’il devra bientôt chercher un stage. Il entend autour de lui que les entreprises demandent de l’expérience alors qu’il vient à peine de sortir de l’université. Il voit certains de ses camarades cumuler les formations en ligne, les stages et les petits projets.

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Il est déjà sous pression.

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Lorsqu’une intelligence artificielle lui propose de produire en quelques minutes ce qu’il aurait mis plusieurs heures à faire, le choix devient tentant.

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Il peut même se convaincre qu’il ne fait rien de vraiment grave puisqu’il « comprend quand même le sujet ».

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Mais si cette habitude se répète, quelque chose se passe.

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Le jeune apprend progressivement que l’objectif n’est plus de maîtriser une compétence, mais de produire suffisamment bien pour passer l’évaluation.

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Et cette logique existait déjà avant l’IA.

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L’IA ne fait que la rendre beaucoup plus efficace.

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Il y a pourtant une différence entre utiliser l’IA et lui déléguer son apprentissage

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Un étudiant peut demander à une IA de lui expliquer un cours qu’il n’a pas compris. Il peut lui demander de lui poser des questions pour réviser, de lui proposer des contre-arguments ou de repérer les failles dans son raisonnement.

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Dans ce cas, l’outil peut réellement renforcer son apprentissage.

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Mais s’il lui donne la consigne, récupère la réponse et la remet sans avoir fait le travail intellectuel nécessaire, il obtient peut-être une bonne note sans avoir construit la compétence correspondante.

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La différence est importante.

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Parce qu’un jour ou l’autre, le devoir va rencontrer la réalité.

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Un jeune diplômé peut très bien avoir produit d’excellents travaux universitaires avec l’aide de l’IA et se retrouver ensuite devant un recruteur qui lui demande simplement de résoudre un problème.

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Il n’aura plus de consigne parfaitement formulée.

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Il faudra comprendre la situation, poser les bonnes questions, faire des choix et défendre une proposition.

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Et personne ne pourra passer un prompt à sa place.

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C’est là que le marché du travail ivoirien risque de nous rappeler brutalement la différence

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Nous savons tous que décrocher un premier emploi n’est pas toujours simple.

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Les jeunes diplômés sortent chaque année avec des titres différents, mais les entreprises, elles, cherchent des personnes capables de répondre à des besoins concrets.

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Le diplôme peut permettre d’être sélectionné.

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Mais pendant l’entretien, le stage ou les premières semaines de travail, il faut démontrer ce que l’on sait réellement faire.

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C’est ici que l’utilisation systématique de l’IA pour éviter l’effort peut devenir un piège.

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Le jeune peut avoir appris à produire un document impeccable sans avoir appris à construire le raisonnement qui se trouve derrière.

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Il peut avoir appris à donner l’impression de savoir sans avoir développé la capacité à savoir.

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Et dans un environnement professionnel, cette différence finit toujours par apparaître.

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Mais il faut aussi que notre système éducatif accepte de se remettre en question

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Je trouve trop facile de demander uniquement aux jeunes de changer.

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Parce que l’intelligence artificielle met aussi nos méthodes d’évaluation face à leurs propres limites.

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Si un étudiant peut prendre une question donnée depuis plusieurs années, la copier dans une IA et obtenir une réponse presque parfaite, il faut peut-être se demander ce que nous sommes réellement en train d’évaluer.

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Est-ce sa capacité à comprendre ?

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Ou sa capacité à restituer une réponse attendue ?

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Il ne s’agit évidemment pas de supprimer les devoirs écrits ni de considérer que les connaissances ne servent plus à rien.

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Mais il devient nécessaire de créer davantage de situations dans lesquelles l’étudiant doit expliquer son raisonnement, défendre une position, appliquer une connaissance à un problème réel ou travailler à partir de son propre environnement.

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Un étudiant ivoirien devrait pouvoir être amené à analyser une situation qu’il rencontre réellement dans son quartier, son entreprise, son association ou sa communauté.

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Là, il devient beaucoup plus difficile de simplement demander à une machine de faire le travail.

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Et surtout, cela donne enfin une valeur pédagogique à l’exercice.

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Nous devons aussi parler de l’accès inégal à l’IA

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Il y a une autre réalité ivoirienne que je trouve importante.

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Nous ne pouvons pas parler de l’IA comme si tous les jeunes avaient les mêmes outils à disposition.

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Entre un étudiant qui possède un ordinateur personnel, une bonne connexion et plusieurs abonnements numériques et un autre qui dépend de son téléphone, d’un forfait limité et d’une connexion parfois instable, les conditions ne sont pas les mêmes.

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Et demain, si certains étudiants utilisent massivement l’IA pour apprendre tandis que d’autres n’y ont presque pas accès, nous risquons aussi de créer une nouvelle forme d’inégalité.

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La question ne sera donc pas seulement : « Comment empêcher les jeunes de tricher avec l’IA ? »

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Il faudra aussi se demander : « Comment faire en sorte que l’IA devienne un outil d’apprentissage accessible et maîtrisé, plutôt qu’un avantage réservé à ceux qui savent déjà comment l’utiliser ? »

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Parce que la technologie peut réduire certaines inégalités.

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Mais mal accompagnée, elle peut aussi en créer de nouvelles.

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Le vrai danger serait de fabriquer des diplômés qui savent répondre mais qui ne savent plus penser

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C’est finalement cela qui me préoccupe le plus.

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Pas qu’un jeune utilise l’IA.

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Pas même qu’il triche une fois.

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Ce qui m’inquiète, c’est qu’une génération entière puisse progressivement intégrer l’idée que tout effort intellectuel peut être externalisé.

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Que chercher est inutile puisque la réponse est disponible.

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Que réfléchir est une perte de temps.

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Que rédiger soi-même n’a plus d’intérêt.

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Que l’essentiel est de rendre quelque chose qui a l’air bon.

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Parce qu’un diplôme peut certifier un parcours.

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Il ne peut pas garantir qu’une personne sait réellement penser.

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Et dans un pays qui a besoin de jeunes capables de créer, d’entreprendre, de résoudre des problèmes locaux, d’innover et de prendre des responsabilités, cette capacité reste essentielle.

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Nous aurons besoin de jeunes capables d'utiliser l'intelligence artificielle, oui.

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Mais surtout capables de lui poser les bonnes questions, de vérifier ses réponses et de décider quand il faut lui faire confiance ou non.

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Finalement, de quoi avons-nous peur ?

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Je me demande parfois si notre peur de l’IA à l’école ne révèle pas quelque chose de plus profond.

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Nous avons peur que les jeunes trichent.

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Mais peut-être avons-nous surtout peur de découvrir que certaines de nos méthodes d’évaluation ne permettent déjà plus de savoir ce qu’un jeune maîtrise réellement.

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L’IA nous oblige à regarder une réalité que nous préférerions peut-être éviter :

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un jeune peut réussir une évaluation sans avoir réellement appris.

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Et cela, l’intelligence artificielle ne l’a pas inventé.

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Elle nous permet simplement de le voir beaucoup plus clairement.

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Alors peut-être faut-il arrêter de poser uniquement la question : « Comment allons-nous empêcher les jeunes de tricher avec l’IA ? »

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Et commencer à poser celle-ci :

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« Qu’allons-nous changer dans notre manière d’enseigner et d’évaluer pour que comprendre ait davantage de valeur que simplement rendre ? »

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Parce que si nous construisons un système dans lequel la note compte plus que la compétence, nous ne devrions pas être surpris que certains jeunes cherchent le chemin le plus court vers la note.

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Le regard de Spider Mama

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Je crois qu’il faut arrêter de raconter aux jeunes que la technologie est leur ennemie.

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L’intelligence artificielle est là. Ils vont l’utiliser. Nous allons tous l’utiliser.

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La vraie bataille ne sera donc pas de savoir qui utilise ou n’utilise pas l’IA.

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Elle sera de savoir qui reste aux commandes de sa propre pensée.

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Je préfère un jeune qui me dit : « J’ai utilisé l’IA pour comprendre, mais voici ce que j’en pense », plutôt qu’un jeune qui me présente une réponse parfaite dont il ne peut pas expliquer une seule ligne.

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Parce que finalement, ce qui m’intéresse n’est pas seulement ce qu’un jeune est capable de produire.

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C’est ce qu’il est capable de comprendre, de questionner et de défendre lorsqu’on retire l’outil.

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L’IA peut écrire à sa place.

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Elle peut même réfléchir avec lui.

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Mais elle ne doit pas devenir la personne qui décide ce qu’il pense.

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Alors oui, certains jeunes vont tricher avec l’IA.

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Nous pouvons passer notre temps à essayer de les empêcher de le faire.

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Ou nous pouvons profiter de cette révolution pour poser une question beaucoup plus importante :

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Qu’est-ce que nous voulons réellement que nos jeunes soient capables de faire lorsque personne ne peut penser à leur place ?

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C’est peut-être là que commence la véritable éducation à l’ère de l’intelligence artificielle.

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Je regarde. J’écoute. Je questionne. Et je tire le fil.

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Malika, la Spider Mama 🕷️

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