Quand être connu commence à sembler plus important que savoir ce que l’on veut devenir

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Il y a quelques années encore, lorsqu’on demandait à un jeune : « Tu veux réussir dans la vie ? », il parlait généralement d’un métier, d’un diplôme, d’une entreprise, d’une maison, d’une certaine stabilité.

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Aujourd’hui, la réponse peut être un peu différente.

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« Je veux être connu. »

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« Je veux avoir beaucoup d’abonnés. »

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« Je veux être influenceur. »

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« Je veux faire des vidéos. »

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Et parfois, lorsqu’on demande ce que cette notoriété permettra de faire, la réponse reste assez floue.

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Mais le nombre d’abonnés, lui, est très clair.

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Il est affiché.

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Il augmente.

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Il se compare.

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Il se voit.

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Et là, je me suis dit : humm… depuis quand est-ce que notre valeur a commencé à avoir un compteur ?

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Être vu n’a jamais été aussi facile

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Il faut reconnaître quelque chose à notre époque : nous n’avons jamais eu autant de possibilités de nous rendre visibles.

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Avant, pour être connu, il fallait généralement avoir accompli quelque chose de suffisamment important pour attirer l’attention d’un média, d’une institution ou d’un public.

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Aujourd’hui, un téléphone suffit pour commencer à construire une audience.

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Une vidéo peut circuler très vite. Une personnalité peut émerger presque du jour au lendemain. Un jeune qui n’aurait probablement jamais eu accès à une grande scène peut désormais montrer son talent, son humour, son style, son activité ou simplement sa manière de voir le monde à des milliers de personnes.

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Et cela, en soi, est plutôt formidable.

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Je ne voudrais surtout pas être celle qui explique que les réseaux sociaux sont le grand malheur de notre jeunesse.

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Ils ont aussi ouvert des portes.

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Des jeunes ont trouvé des clients, développé des activités, fait connaître leur talent, créé des communautés ou simplement découvert qu’ils n’étaient pas seuls à ressentir certaines choses.

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Le problème commence ailleurs.

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Lorsque la visibilité ne devient plus seulement un moyen, mais une preuve de valeur.

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« Si personne ne me voit, est-ce que je compte ? »

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C’est peut-être une question que nous ne formulons pas assez.

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Parce qu’à force de vivre dans un univers où tout est mesurable, nous pouvons finir par confondre visibilité et importance.

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Combien de personnes ont vu ma vidéo ?

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Combien ont aimé ?

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Combien ont partagé ?

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Combien me suivent ?

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Qui a commenté ?

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Pourquoi cette personne a-t-elle plus d’abonnés que moi ?

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Au début, ce sont de simples chiffres.

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Puis ils commencent à influencer notre humeur.

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Une publication fonctionne, nous sommes contents.

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Une autre ne marche pas, nous nous demandons ce qui ne va pas.

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Quelqu’un devient viral, nous nous comparons.

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Et sans nous en rendre compte, nous pouvons commencer à chercher dans le regard des autres une confirmation de notre propre valeur.

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C’est là que le sujet devient beaucoup plus profond que les réseaux sociaux.

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Parce que le besoin d’être reconnu n’est pas nouveau.

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Ce qui change, c’est la manière dont nous le mesurons.

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Nous avons toujours voulu être reconnus

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Soyons honnêtes.

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Les adultes aussi aiment être reconnus.

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Nous aimons que notre travail soit apprécié. Nous aimons recevoir un compliment. Nous aimons que quelqu’un remarque nos efforts.

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La différence, c’est peut-être qu’aujourd’hui la validation peut être permanente.

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Avant, on pouvait rentrer chez soi après une journée de travail et laisser le regard des autres derrière soi.

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Aujourd’hui, il peut nous suivre jusque dans notre salon.

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Une notification arrive.

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Puis une autre.

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Puis une nouvelle publication.

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Le téléphone devient parfois une petite fenêtre ouverte en permanence sur ce que les autres pensent de nous.

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Et pour un jeune qui est encore en train de construire son identité, cela peut être particulièrement puissant.

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Parce qu’à cet âge, la question « Qui suis-je ? » est déjà suffisamment difficile sans ajouter constamment : « Et est-ce que les autres aiment ce que je suis ? »

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Le piège du succès visible

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Ce qui m’interpelle surtout, c’est la manière dont nous montrons aujourd’hui la réussite.

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Sur les réseaux, nous voyons le résultat.

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La belle voiture.

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Le voyage.

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La maison.

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Les vêtements.

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Le restaurant.

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L’entreprise.

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Le public.

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Les invitations.

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Les chiffres.

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Mais rarement les années de travail, les doutes, les dettes parfois, les erreurs, les sacrifices ou les périodes où la personne ne savait absolument pas où elle allait.

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Le succès est devenu très photogénique.

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Et forcément, lorsqu’un jeune regarde cela tous les jours, il peut finir par croire que réussir, c’est avoir quelque chose qui se voit.

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Alors que certaines des plus belles réussites sont parfaitement silencieuses.

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Un jeune qui reprend ses études après avoir abandonné.

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Une jeune femme qui crée une activité qui permet à sa famille de mieux vivre.

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Quelqu’un qui apprend enfin à gérer son argent.

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Un autre qui sort d’une situation difficile et recommence doucement.

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Une personne qui décide de ne plus vivre uniquement pour satisfaire le regard des autres.

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Cela ne fera peut-être jamais 100 000 vues.

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Mais cela peut changer une vie.

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Et si nous avions nous-mêmes participé à cette confusion ?

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Là, je vais retourner la question vers nous, les adultes.

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Parce qu’il est facile de regarder les jeunes et de dire :

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« Ils veulent être célèbres. »

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« Ils ne pensent qu’à l’image. »

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« Ils veulent tout montrer. »

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Mais qu’est-ce que nous leur montrons comme modèles de réussite ?

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Quand un enfant grandit en entendant constamment parler de l’argent, du poste, de la voiture, du quartier où l’on habite, de l’école fréquentée ou de ce que « les gens vont dire », il apprend naturellement que certaines formes de réussite valent davantage que d’autres.

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Quand nous admirons uniquement celui qui a « réussi » financièrement, nous transmettons aussi une définition particulière de la réussite.

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Quand nous valorisons davantage quelqu’un parce qu’il est connu que quelqu’un parce qu’il est utile, compétent ou profondément humain, nous envoyons un message.

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Et lorsque nous demandons ensuite aux jeunes de ne pas être obsédés par l’apparence…

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Bon.

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Il faut peut-être reconnaître notre part du problème.

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La popularité n’est pas le problème

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Je ne crois pas qu’il faille opposer popularité et valeur.

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Une personne populaire peut être talentueuse, généreuse, compétente et profondément engagée.

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Certaines utilisent leur visibilité pour transmettre des idées, soutenir des causes, vendre leurs produits ou créer des opportunités pour d’autres.

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La visibilité peut donc être une force.

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Elle devient dangereuse lorsqu’elle devient la seule preuve que nous avons de notre valeur.

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Parce qu’à partir de ce moment-là, nous ne cherchons plus seulement à faire quelque chose de bien.

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Nous cherchons à ce que cela soit vu.

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Et lorsqu’une action n’est pas visible, elle peut finir par sembler inutile.

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C’est là que le regard extérieur prend trop de pouvoir.

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Un jeune peut devenir prisonnier de son propre personnage

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Il y a quelque chose d’assez particulier dans les réseaux sociaux : nous pouvons finir par construire une version de nous-mêmes que nous devons ensuite maintenir.

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Le personnage drôle.

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La fille toujours parfaite.

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Le jeune entrepreneur qui réussit tout.

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La personne toujours heureuse.

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Le « boss ».

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La femme indépendante qui ne doute jamais.

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Mais derrière l’image, il y a toujours un être humain.

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Et cet être humain peut être fatigué, perdu, inquiet, en échec ou simplement en train de chercher son chemin.

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Le danger n’est pas seulement que les autres croient à cette image.

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C’est que nous finissions nous-mêmes par y croire.

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Et là, il devient difficile de reconnaître que quelque chose ne va pas.

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Parce qu’il faudrait alors admettre devant tout le monde que le personnage n’est pas toute la réalité.

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Peut-on réussir sans être applaudi ?

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C’est une question que j’aimerais beaucoup poser à nos jeunes.

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Et peut-être à nous-mêmes.

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Si personne ne regarde, est-ce que cela vaut encore la peine ?

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Si personne ne like, est-ce que ton projet reste important ?

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Si personne ne connaît ton métier, est-ce que tu peux en être fier ?

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Si ton parcours n’impressionne personne, mais qu’il te permet de construire une vie qui te ressemble, est-ce vraiment un échec ?

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Je crois que nous avons besoin de retrouver cette capacité à faire certaines choses sans public.

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Travailler parce que cela a du sens.

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Apprendre parce que cela nous intéresse.

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Aider parce que quelqu’un en a besoin.

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Construire parce que nous croyons en quelque chose.

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Et parfois même réussir en silence.

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Parce qu’une vie n’est pas une publication.

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Et qu’un être humain n’est pas un nombre d’abonnés.

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Ce que nous devons peut-être transmettre aux jeunes

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Il ne s’agit pas de leur demander de quitter les réseaux sociaux ou de leur expliquer que la visibilité ne sert à rien.

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Ce serait totalement déconnecté de leur réalité.

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Il s’agit plutôt de leur donner quelque chose de beaucoup plus précieux : une identité suffisamment solide pour ne pas dépendre entièrement du regard extérieur.

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Un jeune qui sait ce qu’il aime, ce qu’il vaut, ce qu’il veut construire et ce qu’il refuse de devenir sera probablement moins vulnérable à la comparaison permanente.

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Pas immunisé.

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Nous sommes tous humains.

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Mais moins dépendant.

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Et cela commence par des conversations que nous avons parfois trop peu avec eux.

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Pas seulement « Tu as eu combien à l’école ? »

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Mais aussi :

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« Qu’est-ce qui te rend fier de toi ? »

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« Qu’est-ce que tu fais bien même lorsque personne ne te regarde ? »

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« Qu’est-ce qui compte vraiment pour toi ? »

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« Si personne ne pouvait te juger, quelle vie aurais-tu envie de construire ? »

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Voilà des questions qui peuvent aider un jeune à construire quelque chose que les réseaux sociaux ne peuvent pas lui donner : un sentiment de valeur qui ne dépend pas uniquement des applaudissements.

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Le fil d’Anansi

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À Anansi Academy, cette réflexion rejoint directement notre travail autour de l’autodétermination.

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Parce que devenir autonome, ce n’est pas seulement savoir choisir une formation ou un métier.

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C’est aussi apprendre progressivement à définir sa propre mesure de la réussite.

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À comprendre que les choix qui nous ressemblent ne seront pas toujours ceux qui impressionnent le plus les autres.

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À accepter parfois de prendre une direction différente.

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Et surtout, à ne pas confondre ce qui est visible avec ce qui a de la valeur.

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Le PAJE cherche justement à créer des espaces où les jeunes peuvent réfléchir à ces questions, mieux se connaître, confronter leurs idées et construire leur propre manière de prendre leur place dans la société.

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Parce qu’au fond, l’autodétermination commence aussi là :

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quand je cesse de laisser les autres définir entièrement la valeur de ma vie.

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Le regard de Spider Mama

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Je vais vous dire quelque chose que j’aurais aimé comprendre plus tôt.

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Il y aura toujours quelqu’un de plus connu.

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De plus riche.

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De plus beau.

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De plus visible.

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De plus suivi.

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De plus applaudi.

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Si notre mesure de la réussite dépend de la comparaison, nous avons donc choisi une compétition dont nous ne connaîtrons jamais la fin.

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Alors peut-être faut-il apprendre à nos jeunes — et à nous-mêmes — une autre manière de regarder la réussite.

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Pas seulement demander :

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« Combien de personnes te regardent ? »

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Mais :

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« Est-ce que la vie que tu construis te ressemble ? »

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Parce qu’au bout du compte, les applaudissements peuvent remplir une salle.

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Mais ils ne remplissent pas nécessairement une vie.

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Et parfois, la plus grande réussite est celle que personne ne filme.

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Celle qui se construit doucement, loin des regards, jusqu’au jour où l’on se retourne et où l’on se dit :

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« Ce n’est peut-être pas la vie que les autres auraient choisie pour moi. Mais c’est la mienne. »

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Et ça, ma chère…

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C’est déjà beaucoup.

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Je regarde. J’écoute. Je questionne. Et je tire le fil.

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Les réflexions décalées d’une Mama Coach — By Malika, la Spider Mama 🕷️

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