À force de montrer qui nous sommes, sommes-nous encore capables de savoir qui nous sommes ?

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Il y a quelque chose qui m’interpelle lorsque j’observe la manière dont les jeunes utilisent aujourd’hui les réseaux sociaux.

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Ils ont développé une véritable maîtrise de leur image. Ils savent raconter une histoire à travers une photographie, choisir un angle, construire une vidéo, trouver les bons mots ou les bons codes pour capter l’attention. Certains comprennent même mieux que beaucoup d’adultes les mécanismes de la communication numérique et savent parfaitement comment créer de l’engagement autour de ce qu’ils publient.

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Je trouve cela intéressant, et même admirable par certains aspects. Nous vivons dans un monde où savoir communiquer, créer et prendre la parole est devenu une compétence importante.

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Mais derrière cette capacité à construire une image, une question me revient souvent : qui apprend encore à ces jeunes à construire ce qui ne se voit pas ?

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Parce qu’une image peut être travaillée jusqu’à devenir presque parfaite. Une identité, elle, demande du temps, des expériences, des remises en question et parfois quelques passages difficiles. Elle ne se construit pas avec un filtre.

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C’est probablement là que le sujet devient plus profond que la simple critique des réseaux sociaux.

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Le paraître n’est pas une invention de la jeunesse

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Nous avons parfois tendance à regarder les jeunes comme s’ils étaient responsables de cette culture de l’apparence. Je trouve cette lecture un peu trop facile.

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Le culte de l’image existait bien avant Instagram, TikTok ou Snapchat. Dans nos sociétés, nous avons toujours accordé une certaine importance à ce que les autres pensent de nous. La manière dont nous nous habillons, la maison que nous habitons, la voiture que nous conduisons, le métier que nous exerçons ou encore la manière dont nos enfants réussissent sont souvent devenus des marqueurs de notre place sociale.

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Les réseaux sociaux n’ont donc pas créé le besoin de reconnaissance. Ils lui ont donné une scène beaucoup plus grande et surtout beaucoup plus permanente.

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Avant, il fallait rencontrer les gens pour leur montrer une partie de sa vie. Aujourd’hui, il est possible de donner en quelques secondes à des centaines, voire des milliers de personnes, l’impression de savoir qui nous sommes, où nous allons, ce que nous possédons et à quoi ressemble notre quotidien.

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La différence est considérable.

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Parce que lorsque le regard des autres devient permanent, il peut finir par entrer dans nos décisions les plus personnelles.

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On ne se demande plus seulement si quelque chose nous plaît. On peut commencer à se demander si cela sera apprécié.

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On ne choisit plus seulement une expérience pour ce qu’elle va nous apporter. On pense parfois à la manière dont elle pourra être racontée.

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Et, sans vraiment nous en rendre compte, nous pouvons finir par vivre avec une question en arrière-plan : « Est-ce que cela mérite d’être montré ? »

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Et si personne ne regardait ?

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C’est une question que j’aime beaucoup poser aux jeunes, mais qui vaut tout autant pour nous, adultes :

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Si personne ne pouvait voir votre vie, qu’est-ce que vous continueriez malgré tout à construire ?

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Je trouve cette question intéressante parce qu’elle oblige à faire une distinction entre ce que nous faisons pour nous-mêmes et ce que nous faisons sous le regard des autres.

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Et je ne dis pas cela en me plaçant à l’extérieur du phénomène. Nous sommes tous concernés. Nous aimons être reconnus, nous sommes heureux lorsque notre travail est apprécié et nous pouvons être fiers de partager une réussite avec notre entourage. Il n’y a rien de malsain là-dedans.

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Le problème apparaît lorsque la reconnaissance extérieure devient progressivement la mesure de notre propre valeur.

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À partir de ce moment-là, il devient difficile de savoir si nous choisissons réellement notre trajectoire ou si nous cherchons simplement à correspondre à ce qui sera valorisé autour de nous.

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C’est particulièrement délicat pour un jeune qui est encore en train de construire son identité. Il peut facilement finir par confondre le fait d’être visible avec le fait d’avoir de la valeur, la popularité avec la réussite ou l’approbation des autres avec la confiance en soi.

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Et cette confusion peut être coûteuse.

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Chez nous, le regard des autres a toujours compté

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Il y a aussi, dans cette question, une dimension culturelle que nous ne devrions pas négliger.

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Dans beaucoup de familles africaines, le regard collectif occupe une place importante. Nous grandissons avec cette idée que nous ne vivons pas uniquement pour nous-mêmes et que nos choix peuvent avoir des conséquences sur notre famille, notre entourage ou notre communauté.

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Le fameux « qu’est-ce que les gens vont dire ? » n’est pas simplement une expression. Il traduit une forme de régulation sociale qui peut parfois être utile. Elle nous rappelle que nous appartenons à un ensemble et que notre liberté ne signifie pas que nous sommes sans responsabilité.

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Mais cette même logique peut devenir problématique lorsqu’elle finit par prendre la place de notre propre jugement.

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Un jeune peut alors choisir une orientation parce qu’elle est considérée comme prestigieuse, rechercher un métier parce qu’il offre un certain statut ou poursuivre une certaine conception de la réussite simplement parce qu’elle correspond à ce que son entourage attend de lui.

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Il peut même avoir l’impression de faire un choix personnel alors qu’il répond, en réalité, à une série d’attentes qu’il n’a jamais vraiment questionnées.

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C’est là que la question de l’autodétermination devient essentielle.

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Être autodéterminé, ce n’est pas faire systématiquement ce que l’on veut sans tenir compte des autres. C’est être capable de comprendre ce qui nous influence, de faire la part entre nos propres aspirations et les attentes qui nous entourent, puis de prendre des décisions que nous pouvons réellement assumer.

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Le problème n’est pas de vouloir être reconnu

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Je crois qu’il faut être prudent sur ce sujet, parce qu’il serait facile de tomber dans un discours moralisateur.

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Vouloir être beau, réussir financièrement, porter de belles choses ou être reconnu pour son travail n’a rien de mauvais en soi. Nous avons tous besoin, à un moment ou à un autre, de sentir que nos efforts sont vus et appréciés.

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Ce qui devient préoccupant, c’est lorsque cette reconnaissance finit par déterminer notre valeur personnelle.

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Si je me sens bien uniquement lorsque les autres approuvent mes choix, que se passe-t-il lorsqu’ils les désapprouvent ? Si je me sens compétent uniquement lorsque je reçois des compliments, comment est-ce que je me comporte lorsque personne ne remarque mon travail ? Et si ma réussite n’a de sens que lorsqu’elle est visible, que reste-t-il lorsque personne ne regarde ?

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Ce sont des questions difficiles, mais elles me semblent importantes.

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Parce qu’une personne peut avoir une très belle image d’elle-même sur les réseaux sociaux et être profondément incertaine de sa valeur dans la vie réelle.

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Elle peut paraître très sûre d’elle et passer énormément de temps à chercher la validation des autres.

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Elle peut donner l’impression de maîtriser sa trajectoire alors qu’elle ne sait pas encore réellement ce qu’elle veut.

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C’est précisément pour cela que je pense que nous devons aller plus loin que le simple discours sur les dangers des réseaux sociaux.

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Nous avons beaucoup appris aux jeunes à réussir. Peut-être pas assez à se construire.

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Lorsque nous parlons de l’avenir des jeunes, nous parlons beaucoup d'éducation, d'employabilité, d'entrepreneuriat, de compétences numériques ou de leadership. Tout cela est évidemment nécessaire.

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Mais je me demande parfois si nous ne faisons pas l’impasse sur une partie essentielle du travail : apprendre à une personne à se connaître suffisamment pour pouvoir choisir sa vie.

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Est-ce que nos jeunes savent identifier ce qui compte réellement pour eux ? Savent-ils reconnaître ce qui vient de leurs propres convictions et ce qui vient simplement de la pression du groupe ? Savent-ils traverser un échec sans considérer que leur valeur personnelle est remise en cause ? Peuvent-ils changer de trajectoire sans avoir l’impression d’avoir échoué ?

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Ce sont des apprentissages qui ne figurent pas toujours dans les programmes scolaires, alors qu’ils auront pourtant une influence considérable sur la manière dont une personne construira sa vie.

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L’identité ne se construit pas seulement dans les moments où nous sommes regardés. Elle se construit surtout dans les décisions que nous prenons lorsque personne n’est là pour nous applaudir.

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Elle se révèle dans notre manière de traiter les autres, dans notre capacité à tenir une parole, dans la façon dont nous réagissons lorsque nous nous trompons, dans les limites que nous sommes capables de poser et dans les choix que nous continuons à faire même lorsqu’ils ne produisent aucune reconnaissance immédiate.

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C’est ce travail-là qui donne progressivement de la solidité à une personne.

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Et nous, les adultes, qu’est-ce que nous valorisons réellement ?

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Je crois qu’il serait assez hypocrite de demander aux jeunes de se détacher du paraître tout en continuant, nous-mêmes, à mesurer la réussite principalement à travers ce qui se voit.

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Nous leur disons de ne pas se comparer, mais nous comparons parfois leurs résultats à ceux des autres enfants.

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Nous leur expliquons que l’argent ne fait pas tout, puis nous valorisons fortement ceux qui ont réussi financièrement.

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Nous leur demandons de choisir un métier qui leur plaît, tout en leur indiquant très clairement ceux qui, selon nous, « ont de l’avenir ».

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Nous leur demandons de ne pas chercher l’approbation des autres, mais nous leur répétons régulièrement : « Qu’est-ce que les gens vont penser ? »

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Humm… ma chère, il va falloir qu’on soit un peu cohérents. 😄

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Un jeune apprend énormément en observant les adultes qui l’entourent. Il écoute nos conseils, mais il regarde surtout ce que nous récompensons, ce que nous admirons et ce que nous considérons comme une réussite.

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Si nous voulons qu’il donne de la valeur à l’intégrité, à la contribution, à la solidarité ou au travail discret, il faut que ces qualités aient aussi une place réelle dans notre manière de reconnaître la réussite.

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Réapprendre à donner de la valeur à ce qui ne se voit pas

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Je crois que nous allons devoir réhabiliter une forme de réussite beaucoup moins spectaculaire.

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La capacité à rester fidèle à ses valeurs lorsqu’il serait plus facile de les abandonner. La patience nécessaire pour construire quelque chose sur plusieurs années. Le courage de recommencer après un échec. La capacité à écouter réellement quelqu’un. La discipline qui permet de tenir une décision lorsque l’enthousiasme du départ a disparu.

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Ces choses ne sont pas toujours visibles et elles ne produisent pas nécessairement de reconnaissance immédiate. Pourtant, elles constituent une grande partie de ce qui permet à une personne de devenir solide.

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Nous n’avons donc pas besoin d’une jeunesse qui rejette l’image ou qui considère les réseaux sociaux comme son ennemi.

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Nous avons besoin d’une jeunesse capable de faire la différence entre son image et son identité.

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Une jeunesse capable d'utiliser les outils numériques sans leur confier la responsabilité de lui dire qui elle est. Une jeunesse qui puisse apprécier la reconnaissance sans en devenir dépendante et qui puisse avoir de l’ambition sans transformer toute son existence en vitrine.

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C’est, pour moi, une dimension essentielle de l’autodétermination.

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Le regard d’Anansi

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À Anansi Academy, lorsque nous parlons d’autodétermination, nous ne parlons donc pas simplement de donner aux jeunes la liberté de choisir.

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Nous parlons de leur donner progressivement les ressources nécessaires pour comprendre leurs choix, leurs influences et leurs responsabilités.

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C’est précisément le sens du PAJE, le Parcours d’Autodétermination pour une Jeunesse Engagée. À travers ses différents fils, nous travaillons la résilience, l’efficacité personnelle, la collaboration, la négociation, l’argumentation et la citoyenneté active, avec une conviction simple : un jeune ne peut réellement devenir acteur de son avenir que lorsqu’il développe aussi les ressources intérieures qui lui permettent de penser, de décider et d’agir par lui-même.

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Notre ambition n’est donc pas de fabriquer des jeunes plus visibles.

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Elle est de contribuer à faire émerger des jeunes suffisamment conscients et solides pour choisir leur trajectoire, même lorsque cette trajectoire ne correspond pas à ce que les autres avaient imaginé pour eux.

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Parce qu’au fond, la vraie question n’est peut-être pas : « Est-ce que les autres voient ce que je suis devenu ? »

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La vraie question est plutôt :

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« Est-ce que la personne que je montre au monde ressemble réellement à celle que je suis en train de devenir ? »

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Et peut-être plus simplement encore :

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Si demain personne ne pouvait voir ma vie, qu’est-ce que je continuerais quand même à construire ?

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C’est une question que je nous laisse, à nous les jeunes comme à nous les adultes.

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Parce qu’au bout du compte, il y a des choses qui méritent d’être montrées.

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Mais il y en a d’autres, beaucoup plus importantes, qui méritent simplement d’être vécues.

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Je regarde. J’écoute. Je questionne. Et je tire le fil.

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Malika, la Spider Mama 🕷️

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