Les réflexions décalées d’une Mama Coach — By Malika, la Spider Mama 🕷️
« J’ai peur de l’échec. »
Cette phrase revient régulièrement lorsque j’échange avec des jeunes.
Elle m’intéresse parce qu’elle semble simple, mais qu’elle cache souvent beaucoup
plus de choses qu’on ne l’imagine.
La peur de rater un examen. La peur de choisir la mauvaise filière. La peur de lancer
un projet. La peur de prendre la parole et de se tromper. La peur de décevoir ses
parents.
Et parfois, derrière tout cela, une autre peur encore plus forte : celle de ne plus savoir
quoi penser de soi si l’on échoue.
<PARSED TEXT FOR PAGE: 14 / 56>
Je me demande alors : est-ce vraiment l’échec que les jeunes craignent ou ce que cet
échec pourrait dire d’eux ?
Chez nous, on aime beaucoup la réussite
Il faut reconnaître une chose : nous avons une relation assez particulière avec la
réussite.
Quand un jeune obtient son bac, entre dans une grande école, décroche un emploi ou
monte une entreprise, la nouvelle circule vite. On est fier. On félicite les parents. On
raconte l’histoire.
L’échec, lui, est rarement raconté avec le même enthousiasme.
On préfère parfois le cacher.
Comme si rater quelque chose signifiait que quelque chose n’allait pas chez nous.
Je comprends cette réaction. En tant que mère, je n’aime évidemment pas voir mes
enfants souffrir ou se tromper. Quand ils rencontrent une difficulté, mon premier
réflexe peut être de vouloir intervenir.
Puis je me rappelle que mon rôle n’est pas de leur éviter toutes les difficultés de la vie.
Ce serait d’ailleurs impossible.
L’échec n’est pas toujours un problème
Je ne parle pas ici des échecs qui ont des conséquences graves et qu’il faudrait prendre
à la légère.
Je parle de ces expériences ordinaires qui nous apprennent quelque chose : une
candidature refusée, une mauvaise note, un projet qui ne fonctionne pas, une prise de
parole ratée, une idée qui n’a pas trouvé son public.
Nous avons parfois tendance à voir uniquement le résultat.
Pourtant, une question beaucoup plus intéressante est : qu’est-ce que cette expérience
vient m’apprendre ?
C’est là que l’échec peut devenir utile.
Pas parce qu’il serait agréable. Il ne l’est pas.
Mais parce qu’il nous oblige parfois à regarder ce qui n’a pas fonctionné, à revoir
notre manière de faire et à tenter autre chose.
Encore faut-il avoir le droit d’essayer une deuxième fois.
Quand nous voulons trop les protéger
<PARSED TEXT FOR PAGE: 15 / 56>
C’est ici que nous, adultes, avons parfois un rôle ambigu.
Nous voulons préparer les jeunes à la vie, mais nous cherchons en même temps à leur
éviter tout ce qui pourrait les faire souffrir.
Alors nous choisissons parfois pour eux. Nous les orientons vers les voies qui nous
semblent plus sûres. Nous leur déconseillons certains projets. Nous leur expliquons
pourquoi ils risquent d’échouer.
Tout cela part souvent d’une bonne intention.
Mais si nous supprimons systématiquement le risque, nous supprimons aussi une partie
de l’apprentissage.
Un jeune qui a toujours été protégé de l’échec peut être très performant tant que tout
fonctionne. Mais que se passe-t-il lorsqu’un jour quelque chose ne fonctionne plus ?
C’est là que la résilience devient essentielle.
Pas la résilience comme un mot à la mode.
La vraie.
Celle qui consiste à pouvoir dire : « Ça n’a pas marché. D’accord. Qu’est-ce que j’en
fais maintenant ? »
Et si nous changions notre manière de parler de l’échec ?
Imaginez qu’après une mauvaise note, au lieu de demander immédiatement : «
Comment as-tu pu avoir ça ? », nous demandions : « Qu’est-ce qui s’est passé ? »
Après un projet qui n’a pas fonctionné : « Qu’est-ce que tu as appris ? »
Après une erreur : « Qu’est-ce que tu ferais différemment aujourd’hui ? »
Cela ne signifie pas qu’on excuse tout.
Cela signifie qu’on transforme l’erreur en matière à réflexion.
Je crois profondément que c’est ainsi que l’on aide un jeune à prendre confiance en lui.
Pas en lui répétant qu’il est extraordinaire.
Mais en lui permettant de découvrir qu’il peut traverser une difficulté, comprendre ce
qui s’est passé et continuer.
C’est une confiance beaucoup plus solide.
Elle ne dépend pas du fait de réussir à chaque fois.
<PARSED TEXT FOR PAGE: 16 / 56>
Elle vient de la conviction : « Même si je me trompe, je pourrai chercher une autre
manière de faire. »
Et finalement, c’est peut-être cela que nous devons transmettre.
Pas la certitude qu’ils réussiront toujours.
Mais la confiance nécessaire pour essayer.
Parce qu’une jeunesse qui a peur d’échouer risque aussi, tout simplement, de ne pas
oser commencer.
Je regarde. J’écoute. Je questionne. Et je tire le fil.
Malika, la Spider Mama 🕷️
Le fil à retenir : cette réflexion invite à regarder autrement les réalités vécues par les jeunes et à renforcer leur capacité à comprendre, choisir et agir.