Les réflexions décalées d’une Mama Coach — By Malika, la Spider Mama 🕷️

Il y a quelques années, j’ai rencontré un jeune qui m’a beaucoup fait réfléchir.

Il était persuadé d’être victime d’une décision prise par son père. Son orientation

scolaire avait été décidée pour lui et il ne voulait pas de cette voie. Il expliquait cela

avec beaucoup de conviction. Pour lui, le problème était clair : son père avait choisi

son avenir à sa place.

Nous l’avons écouté.

Puis nous lui avons posé une question assez simple : « Tu dis que tu ne veux pas de

ça. Mais toi, qu’est-ce que tu veux ? »

Et là, silence.

Il n’avait pas de réponse.

Ce moment m’est resté.

Parce qu’en quelques secondes, il venait de découvrir quelque chose de beaucoup plus

profond que son conflit avec son père : il ne savait pas réellement ce qu’il voulait pour

lui-même.

Avons-nous vraiment appris à choisir ?

C’est une question qui me revient souvent lorsque je parle d’orientation avec les

jeunes.

Nous parlons beaucoup de choix. Quelle série ? Quelle filière ? Quelle université ?

Quelle école ? Quel métier ? Quel pays ? Quelle entreprise ?

Mais avons-nous appris aux jeunes à se connaître avant de leur demander de choisir ?

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Chez nous, le choix des études est rarement une affaire individuelle. Les résultats

scolaires comptent. Les moyens financiers aussi. Il y a les conseils des parents, les

métiers que l’on connaît, les filières que l’on présente comme porteuses, les

professions qui donnent du prestige et celles dont on se demande encore pourquoi

quelqu’un voudrait les exercer.

Et puis il y a cette petite phrase qui revient souvent : « Avec ça, tu vas faire quoi

après ? »

Je comprends les parents. Ils veulent protéger leurs enfants. Ils veulent leur éviter les

difficultés qu’ils ont connues. Ils cherchent parfois simplement à leur garantir une

situation stable.

Mais protéger quelqu’un et choisir à sa place sont deux choses différentes.

Le problème n’est pas toujours le parent

J’ai longtemps pensé que l’un des principaux problèmes était que les adultes

décidaient trop pour les jeunes.

Aujourd’hui, je nuance davantage.

Parce que parfois, même lorsque nous ouvrons la porte, le jeune ne sait pas encore où

aller.

C’est normal.

On ne peut pas demander à un jeune de 18 ans d’avoir une vision parfaitement claire

de sa vie alors qu’il commence à peine à se découvrir.

Mais il y a une différence entre ne pas savoir et ne jamais avoir appris à se poser la

question.

C’est là que l’éducation a un rôle essentiel.

Avant de demander à un jeune ce qu’il veut faire, peut-être faudrait-il parfois lui

permettre de comprendre ce qui l’intéresse, ce qui lui donne de l’énergie, ce qu’il sait

bien faire, ce qu’il aimerait apprendre et surtout ce qui compte réellement pour lui.

Ce travail demande du temps. Et dans nos systèmes éducatifs, ce temps manque

souvent.

Et nous, les parents ?

Je vais parler en tant que mère maintenant.

Ce n’est pas toujours facile de regarder son enfant prendre une direction que l’on

n’aurait pas choisie pour lui.

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On a peur qu’il se trompe. Peur qu’il perde du temps. Peur qu’il souffre. Peur aussi,

parfois, de ce que les autres vont penser.

Alors on conseille. Beaucoup.

On insiste. On compare. On raconte notre propre expérience. Et parfois, sans même

nous en rendre compte, on finit par confondre notre expérience avec la vérité.

Pourtant, notre parcours appartient à notre génération.

Le monde dans lequel nos enfants vont construire leur vie n’est pas exactement celui

dans lequel nous avons construit la nôtre.

Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas besoin de nous.

Au contraire.

Ils ont besoin de notre expérience, de nos erreurs, de nos conseils et de nos repères.

Mais ils ont aussi besoin de pouvoir en faire quelque chose qui leur ressemble.

Peut-être que notre rôle est moins de choisir que d’éclairer

C’est cette nuance qui me paraît importante.

Un parent peut dire : « Voilà ce que je vois. Voilà ce que je connais. Voilà ce que je te

conseille et pourquoi. »

Mais il peut aussi ajouter : « Maintenant, parlons de ce que toi, tu veux construire. »

Cela change beaucoup de choses.

Parce que l’objectif n’est pas de laisser un jeune complètement seul face à ses choix.

L’autonomie n’est pas l’abandon. C’est justement l’inverse.

C’est accompagner suffisamment pour qu’un jour, il puisse décider sans nous.

Le jeune que j’ai rencontré ce jour-là a finalement commencé à réfléchir à ce qu’il

voulait vraiment. Il a construit une projection sur plusieurs années. Et lorsqu’il m’a

envoyé plus tard un témoignage pour remercier l’équipe, j’ai repensé à ce moment où

il était resté silencieux.

Il n’avait pas trouvé toutes les réponses.

Mais il avait commencé à se poser la bonne question.

« Et moi, qu’est-ce que je veux ? »

Parfois, l’autonomie commence exactement là.

Je regarde. J’écoute. Je questionne. Et je tire le fil.

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Malika, la Spider Mama 🕷️


Le fil à retenir : cette réflexion invite à regarder autrement les réalités vécues par les jeunes et à renforcer leur capacité à comprendre, choisir et agir.

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